Je vous l’ai surement déjà dis, moi et les FPS, c’est une grande histoire d’amour.
Mais attention ! Quand je parle de FPS, je ne parle pas de cet amoncellement de merde qu’est la série Call of Duty et tout ses ersatz, non non non, je parle de vrai bon FPS.
Doom, Quake, Hexen, Dark Forces, Unreal, Duke Nukem 3D… Duke Nukem…
Je me rappelle encore en avoir les couvertures de PC Team à sa sortie, qui était de loin le meilleur mag PC de l’époque sois dit en passant.
Partout on le sacrais « meilleur jeu de tout les temps », et même si j’ai toujours préféré Doom, je ne peux que reconnaitre les qualités qu’avais Duke Nukem 3D. Il n’avait pas volé son titre.
Mais cet âge d’or du FPS, le Build Engine, ID Software, John Romero, tout ça s’est éteint il y a un bon moment déjà (et y’en a un qui l’a bien mérité).
Aujourd’hui, les FPS militaires se partagent le marché en proposant… tous la même chose.
Si on pouvais reprocher à quelques vieilleries cités plus haut d’avoir un scénario qui tenait sur une serviette McDo, on ne me fera pas avaler que Modern Warfare 2 propose une histoire mirobolante.
On cherche absolument la réalité, on dézingue du taliban/russe/coréen/x-groupe-propice-au-terrorisme tout ça pour le bien de la nation.
Et quand ce n’est pas sur terre que l’on gaspille de la chevrotine, c’est sur une planète pleine de méchants extraterrestres gluants pour des raisons tout aussi serious business.
Entre deux conflits chiants à mourir, on trouve bien deux trois types baraqués, près à en découdre pour le plaisir de faire voler des tripes.
C’est ce que proposais Bulletstorm.
Personnellement, je n’ai fais que la démo, sur Xbox360 qui plus est. Pas follement convaincu, je me suis retenu de l’acheter. D’autant que les critiques n’en faisait pas l’éloge.
Puis il y a un peu plus longtemps, Serious Sam se présentais comme la réelle alternative à Duke Nukem.
Terminés il y a peu de temps pour moi dans leurs versions HD, les deux Serious Sam m’ont à plusieurs reprises fait dire « Putain, mais finalement c’est ça Duke Nukem Forever ! Ca manque un peu de seins, mais c’est comme ça que je rêve ce jeu ! ».
Car Serious Sam avait tout ce qui en faisait un bon FPS.
Une prise en mains immédiate, un héros invincible, un arsenal de brute et d’énormes niveaux pleins de recoins et autres « secret place ». A ça on ajoutais des hordes d’ennemis, pour la plupart grotesques, qui n’hésitais pas à nous foncer dessus à 20 en même temps et qui rendaient Serious Sam foutuement jouissif (et bas du front, mais ça on s’en fout un peu à vrai dire).
Puis, pas si longtemps après ça, Gearbox annonce la reprise du développement de Duke Nukem Forever.
A ce niveau, il est difficile de vous cacher que mon pantalon n’est pas resté sec longtemps.
Le temps s’écoulant, on vit arriver les premiers trailers, provoquant aussi quelques fuites mais aussi beaucoup de lulz.
Je ne cessais de bénir mon Borderlands qui m’avait offert un code pour le First Acces Club de DNF et guettais chaque nouveau mail avec impatience.
Peu à peu, on a vu arriver les premiers retours journalistiques, qui n’étaient pas vraiment bon.
On reprochais au jeu son gameplay daté et ses graphismes tout aussi moisis.
Puis, très récemment est apparue la démo. Par choix, je n’y ai pas touché, ayant eut peur de biaiser mon jugement.
D’ailleurs, les jugements ont été sévère de la part des joueurs aussi sur cette démo, ce qui faisais germer en moi quelques doutes. Et si Duke Nukem Forever, la suite du merveilleux Duke Nukem 3D, la plus grande arlésienne du jeu vidéo, celui que l’on a attendu pendant 13 ans, et si… il était mauvais ?
Fais gaffe à tes miches bébé, on va trifouiller tout ça et ça peut faire mal !
On va commencer par les trucs que l’on peut noter rapidement et sur lesquels on ne s’attardera pas:
- C’est vrai que c’est quand même pas joli joli. Même en jouant avec les carac à fond, on se croirait revenus en 2007, à l’époque de Bioshock, quand la moindre source de lumière donnait l’impression que chaque texture était gluante/en plastique.
- C’est super mal optimisé. Le jeu subit régulièrement des chutes de framerate et les temps de chargement sont incroyablement longs.
- L’ambiance sonore est inexistante. Le sound design n’a rien de bien exceptionnel, tout à fait correct. Mais côté musique, aucun thème ne ressort et c’est pas la remise à neuf du célèbre thème de Duke qui va nous flatter les cages à miel.
S’il on est pas trop difficile, ces défauts ne feront pas bien hurler non plus. Alors oui on fais carrément plus beau aujourd’hui, Bulletstorm viol totalement DNF à ce niveau, mais y’a 4 ans on aurait tous eut la mains dans le pantalon en y jouant.
Puis Duke c’est un pur Doom-like ! Un vrai de vrai ! Tu fonces avec ton grand blond dans des salles pleines d’aliens, shotgun en avant, prêt à provoquer des indigestions de plombs ! T’en met plein les murs et tu repart vers de nouvelles aventures ! C’est ça qu’est bon, c’est ça qui compte !
Baaaaaaaah… nan.
Mais est-ce qu’on peut vraiment lui en vouloir ?
De l’eau a coulé sous les ponts depuis 1996, les jeux ont bien changés et les FPS ont acquis pleins de mécaniques de jeu et en on perdus d’autres.
Duke Nukem Forever a essayé de s’actualiser, être un jeu d’aujourd’hui tout en gardant son âme d’il y a 15 ans (Je m’impressionne, écrire des phrases pareilles à 8h le matin. On dirait du Julien_C.)
Mais nan. Nan.
Essayer d’ajouter du réalisme à Duke Nukem ? Nan.
Duke n’est plus un surhomme. Il mange quelques bastos et il est obligé de courir, la queue entre les jambes, pour se cacher et… laisser sa barre d’énergie se recharger ! Oui, Duke a aussi succomber à ce système de fiotte qui consiste à avoir un personnage invincible tant que t’es capable de jouer les planqué.
Sur la droite lignée du laisser-aller de Duke, celui-ci ne peut plus porter que deux armes, deux malheureuses armes en plus de quatre pipe bomb et quatre mines lasers. Mais c’est pas tout ! Vingt-huit cartouches seulement pour le shotgun ! Cinq roquettes pour le RPG ! Deux-cents balles pour la sulfateuse !
Comment voulez-vous que l’on éteigne une race entière d’aliens avec une dotation de boy-scout ?!
Pour rappel, dans Duke 3D, on se baladait sans problème avec cinquante roquettes dans les poches.
Mais si les ennemis étaient les mêmes petites natures qu’il y a 15 ans, ça passerai, mais non plus !
Il faut deux roquettes pour mettre à terre un Octobrain ! Plusieurs tirs de shotgun pour un Trooper !
Avant, un petit coup de bazooka et c’était magique, on faisait sauter des escouades entières. Mais là il faut lutter comme un forcené pour survivre contre quatre clampins !
Avoir affaiblit un des héros les plus viril et badass de tous les temps, c’est pas très très cool.
Ceci dit, on ne pourra pas reprocher au jeu d’être facile.
En ce qui concerne le level design, on sent un effort de la part des développeurs pour cacher la linéarité des tableaux. On trouve quelques pièces un peu cachés, des grands espaces qui donne le choix entre plusieurs embranchements (pour arriver au même point, mais bon), mais cela reste quand même timide et les phases en intérieur se résument souvent à pièce->couloir->pièce->…
Surement conscient de ce reproche que l’on fait souvent aux FPS d’aujourd’hui, Gearbox n’a cependant pas hésité à incorporer quelques joyeusetés qui cassent la routine.
Si vous avez envie de faire une pause poker, flipper ou haltères, c’est possible dès que vous croisez un élément avec lequel vous pouvez interagir.
D’ailleurs ça, les interactions, ils ont fait du bon boulot là dessus chez Gearbox.
Si les PNJ ont autant de conversation qu’une fougère, vous, par-contre, pouvez faire mumuse avec à peu près tout ce qui vous passe sous la main.
Robinets, micro-onde, distributeurs, interrupteurs, chaises… Vous pouvez même vous emparez de certains objet pour les jeter misérablement sur vos ennemis, comme des parpaings ou des ballons de basket (ou du caca, non c’était pas des conneries, on peut vraiment chercher la merde).
Même si ça n’apporte pas grand chose, c’est tout de même amusant, on pourrait même s’inquiéter du soin qu’on apporté les devs à cet aspect.
D’autant que certaines actions ne seront pas anodines, puisqu’elle accorderons des bonus à votre barre d’Ego, qui est en fait votre santé.
D’autres interactions sont par contre moins au point, mais bizarrement plus utiles à l’aventure.
Il n’est pas rare que vous ayez à vous emparez d’un mitrailleuse sur pied pour truffer de plombs une horde d’ennemis ou quelques vaisseaux extra-terrestres, ou encore que vous deviez matraquer un bouton pour ouvrir une porte bloquée.
Si, dans le premier cas, les contrôles sont assez bien calibrés, la molesse dont est victime le jeu rend ces phases rapidement lassantes. Surtout quand ces armes, censés aider à faire un carnage, sont en réalité assez peu convaincantes.
Pour les divers QTE, certains sont assez bien placés et ils ne sont de toute façon pas extrêmement nombreux. Devoir tapoter sa barre d’espace créer un sentiment d’urgence assez agréable et donc donne un peu de rythme au jeu qui en a bien besoin. On peut aussi achever les ennemis, en particulier les boss, par cette même méthode, provoquant des situations souvent cocasses.
Hormis tout ces point techniques, ce qu’on attendait de DNF c’était une ambiance.
Duke Nukem, c’est avant tout un personnage. Un putain d’américain, inspiré en tout points d’Arnold Schwarzeneger, aimant les cigares, la bières, les boobs et les flingues.
Duke Nukem c’est de l’humour gras et beauf, des histoires de nichons, de merde et de tripes à en faire pâlir Bigard.
Duke Nukem Forever réussit-il à restaurer cette ambiance de bourrin ?
OUI ! OH QUE OUI ! A MERVEILLE !
Vous me direz, c’est pas compliqué de mettre quelques strip-teaseuses à droite à gauche dans les niveaux et de donner à Duke des catchphrase bien grossière. C’est même ce qu’a fait Gearbox… Mais ils l’ont bien fait !
Ce qui fait une bonne ambiance dans un jeu-vidéo, c’est souvent sa qualité d’écriture. Suffit de voir Portal, qui avec un scénario minimaliste, réussi à retourner les tripes par ses phrases assassine qui rendent son univers malsain.
Duke aurait pus dire « Ah ah ah je vous ai bien niqué, bitches ! », mais nan, il dit « Ce soir, tu dinera en enfer ! ».
Si c’est pas merveilleux ?
Le jeu est bourré de références diverses et variés, ont peut même croiser le héros de Dead Space.
Les dialogues de Duke sont vulgaires au possible, mais reste drôle car bien pensés. Du vrai sarcasme, du bon.
Les environnements eux aussi, malgré la technique perfectible, sont aussi bien travaillés. On se balade tantôt dans un palace à la gloire de Duke, tantôt dans un univers organique ayant tout l’air d’un anus.
S’il y a bien quelque chose qu’on ne peut pas enlever à Duke Nukem, c’est qu’il est fun.
Il existe aussi un mode multijoueurs, où plusieurs Duke, personnalisable, se foutent sur la tronche dans divers modes assez classiques.
Je n’ai pas encore testé ce mode, mais il n’est pas exclu que je vous en reparle à l’occasion.
Finalement, je ne sais pas vraiment comment conclure.
Objectivement, Duke Nukem Forever est très moyen. Après l’échec qu’a été l’épisode DS dont j’ai déjà oublié le nom, il serait temps que Duke prenne sa retraite avant de casser son mythe.
Du point de vue du fan, je m’amuse comme un petit fou. Je retrouve un univers qui me faisait jubiler quand j’étais plus jeune, un Duke plus irrévérencieux que jamais. Malgré tous les reproches que je peux lui faire et les nombreuses fois où je rale à cause d’un défaut ou un autre, il est indubitable que je m’amuse en y jouant.
Cependant, ce n’est plus un Doom-like, c’est sûr et certain. Ce style de FPS est surement mort, car considéré comme obsolète, ce qui m’attriste profondément.
Jouez à Duke Nukem Forever, mais n’oubliez de faire le 3D avant, afin que le mythe ne soit pas souillé.
Disons que ce jeu, aussi bof soit-il, reste un élément inévitable de la culture vidéoludique.
Pour ma part, je vais relancer les master level de Doom II et ne plus toucher à un shotgun avant que John Romero revienne d’entre les morts en hurlant: « DOOM 4 IS MINE! AND IT’S ALIVE! ».
(Et je fais des articles sans links et sans images, parce que l’austérité c’est cool. Et aussi que j’ai la flemme d’y retoucher après.)