Depuis quelques années déjà, je ne saurais vous dire exactement combien de temps, ont peut observer un certain hype autour des zombies et autres infectés.
Que ce soit par des films comme Bienvenue à Zombiland, les 28 *** Plus Tard ou des jeux comme Dead Rising ou Left 4 Dead.
Même la série des Call of Duty y a succombé avec son désormais célèbre « Mode Zombies ».
Cet engouement ne semble pas décidé à s’éteindre et génère encore quantité de livres, séries et jeux vidéos.
Récemment, c’est à l’attendu et (un peu) controversé Dead Island que j’ai pus m’essayer.
J’attendais beaucoup de ce jeu qui m’avait réellement impressionné avec ses premiers trailer et qui semblait s’imposer enfin comme une vraie simulation de survivant.
Est-ce que mes vœux ont été exaucés ? Si vous me suivez sur Twitter, vous savez déjà plus ou moins ce qu’il en est…
Tout d’abord, on reproche souvent à Dead Island sa pauvreté scénaristique.
Aussi bien la presse, que les joueurs, se sont attaché à dire que le scénario de Dead Island était aussi creux… qu’un truc très creux.
A ça je réponds « Oui, mais ! ».
Replaçons le contexte. Nous sommes un touriste lambda (au choix parmi 4), visiblement assez riche, qui se réveille après une grosse murge et s’aperçoit que l’île paradisiaque sur laquelle il était venu passer ses vacances est envahie par les zombies.
Se rendant compte de la situation, il va chercher à survivre et s’échapper par tout les moyens.
Maintenant citez moi un film de zombies qui ait un scénario plus profond que ça… Y’en à pas des masses hein.
Reprocher à Dead Island sont manque de scénario, c’est simplement lui reprocher d’être un jeu de zombies.
Cependant, même avec ce genre de considération, les nombreux gouffres laissés par des questions sans réponses, les incohérences et la narration complètement à l’ouest tendent à prouver que le scénariste venait plus pour le café que pour bosser.
Mais soyons d’accord, le scénario n’est pas vraiment la priorité dans un jeu de zombies. Enfin c’est pas ce que moi j’y recherche en tout cas.
On appréciera tout de même la présence de survivant hostiles et la cohérence des quêtes qui vous demandent souvent des actions sensés, comme aller chercher des provisions ou des pièces détachés.
Tout cela donnant plus de consistance à l’univers.
Mais on ira tout de même chercher l’intérêt de Dead Island autre part.
Dans ses graphismes par exemple !
Quand ce fabuleux teaser était sortit, celui qui a commencer à créer de l’intérêt pour ce jeu, beaucoup avaient été frappés par la qualité des graphismes.
Les images étaient presque photo-réaliste par moments.
Une bien belle-claque, très bien mise en scène par ailleurs.
Qu’en est il une fois le jeu dans la console ? Ma foi, c’est toujours aussi beau.
On s’en rend surtout compte dans la première partie du jeu qui se passe dans la station balnéaire, avec sa plage et ses palmiers.
Le paysage est vraiment magnifique et je me suis surpris à plusieurs reprise à m’arrêter pour admirer.
Le rendu de l’eau, des effets de lumière, l’horizon, les effets optiques, tout ça est vraiment magnifique.
Prenez aussi le temps d’observer les ombres sur différentes textures, bois, tissu, métal et vous remarquerez qu’une attention toute particulière a été donnée aux effets de matières et à leur gestion.
Les intérieurs eux aussi sont plutôt agréables à l’œil, mais apparaissent vite fades.
La réutilisation constante des même objets, de la même disposition de meubles fait vraiment tâche.
La modélisation des personnages est elle aussi bien travaillée et ce jusqu’au grain de peau ou aux sillons des lèvres.
On avouera quand même qu’ils manquent un peu d’expressivité, à part vous fixer d’un regard vide, ils n’exprimeront pas grand chose d’autre.
Évidement, si le jeu avait été parfait, ça aurait été trop facile. Car oui, Dead Island est un bourré de bugs, dont quelques uns graphiques.
D’abord une forte propension au clipping et pas mal de défauts dans la gestion des collisions.
Il ne sera pas rare qu’un zombie vous attaque à travers un mur ou une porte, que vous passiez presque à travers un mur ou que le décors entier se mette à clignoter pendant une cinématique.
Dans le même genre, il arrive souvent que les textures aient peine à se charger, on se retrouve donc à admirer de la bouillie colorée pendant quelques secondes, ce qui n’est pas des plus agréable.
C’est d’autant plus dommage que le jeu misait beaucoup sur cette partie.
Malheureusement, ces quelques problèmes viennent vraiment gâcher l’expérience, cassant le cadre paradisiaque à grand coup de glitch plus que de sang et de larmes.
On y était presque cette fois-ci, si seulement les bugs n’étaient pas venus casser notre coup.
Mais alors est-ce que le gameplay sauvera ce jeu qui commence sérieusement à s’enfoncer ?
On peut imaginer que les maîtres mots qui ont dirigés le processus créatif du gameplay de Dead Island sont « survie » et « faiblesse ».
Si dans la plupart des jeux de zombies vous êtes une brute épaisse qui défouraille de la chair morte à tout va, ici vous aurez vite le sentiment de n’être qu’un bout de viande parmi d’autres.
Ce qui amène le jeu à être parfois très dur et surtout, très frustrant !
Un seul zombie peut vous torcher en 3 ou 4 coups et ce, peu importe votre niveau. Dur.
Si je parle de niveau, c’est bien parce que le jeu intègre quelques éléments de RPG que sont la progression par expérience avec apprentissage de compétences, le système d’équipement et de caractéristique, et dans un sens les classes de personnage.
L’expérience s’obtient en finissant des quêtes ou en tuant des ennemis. Mais vous pouvez aussi en acquérir en coupant/cassant des membres ou en réussissant achievements.
Votre personnage ne possédant pas de caractéristique, la montée en niveaux ne se ressent que par l’acquisition de points de compétences et la possibilité d’utiliser de nouvelles armes.
Ce système, très similaire à celui de Borderlands, qui n’y posait aucun problèmes, est ici une des nombreuses sources de frustration du jeu.
La prise de niveaux ne sert à rien, RIEN.
La seule différence qu’il y aura entre un lvl 5 et un lvl 30, c’est que le premier se battra au couteau et le second à la hache. RIEN DE PLUS !
Vous me direz, « Où est le problème ? De meilleures armes te rendent plus fort. Si ça marchais sur Borderlands, pourquoi pas dans Dead Island ? »
Parce que Dead Island utilise un foutu système d’équilibrage qui permet aux ennemies d’être toujours à un niveau proportionnel au votre.
Vous arrivez à la fin du jeu, environ niveau 40, allez faire un tour sur la plage de départ et les zombies seront aussi niveau 40.
Ainsi, mais ce n’est que mon avis, je trouve que cette progression par niveau couplée à cet équilibrage est juste une grosse erreur de game design. Un choix qui nuit à l’expérience de jeu.
La monté en niveau est toujours interprétée par une montée en puissance, chose qu’on ne ressent pas dans Dead Island.
Un système d’apprentissage comme celui des Elder Scrolls aurait été bien plus approprié. Plus une action est réalisée, plus elle est efficace. Ce qui en plus aurait été plus cohérent vis à vis du système de craft et simplement en adéquation avec le réalisme que tente de rendre le jeu.
Puisque je viens d’évoquer le craft, parlons en vite fait.
Le craft dans les jeux de zombies est surtout représenté par la série Dead Rising qui en a fait une de ses marques de fabrique.
Le principe est, ici, fondamentalement le même. On trouve des éléments un peu partout, on trouve des plans, on trouve un atelier, enjoy.
Mais nan ! Je dis nan !
Encore une fois, Dead Island créé des incohérences relatives à sa direction réaliste.
Imaginez vous avec des tas de trucs cools dans les mains, est-ce qu’il vous faut une notice Ikea pour faire une arme qui déboite ? A priori non.
Minecraft a prouvé que les systèmes de créations d’objet pouvaient être simples et spontanés, c’est de ça que manque vraiment le craft de Dead Island, de la spontanéité.
Au premier abord, le système de combat parait tout ce qu’il y a de plus classique. Du FPS en somme.
Et c’est un peu vrai, possibilité d’esquiver, de lancer les armes, mettre des coups de pieds et bien sûr frapper/trancher/tirer.
Mais si l’on daigne jeter un oeil aux options, on trouve rapidement un mode de combat dit « analogique », comprenez par là que plutôt que d’utiliser une simple pression sur un bouton, vous allez devoir vous servir des sticks de la manette pour orienter vos coups.
Le principe en soit est bon et permet vraiment une précision que n’offre pas l’attaque automatique. Si vous voulez donner un coup horizontal pour trancher une tête, il n’y tient qu’a vous.
Cependant, je ne sais pas ce que donne le controle clavier souris, mais à la manette tout ça est très rigide.
Lorsque vous vous mettez en position de combat, vous êtes limité aux pas de côté, réduisant considérablement votre mobilité.
Les combats de Dead Island n’avait vraiment pas besoin de ça.
Passons rapidement sur les quelques features restantes.
La conduite de véhicule est très facile à prendre en main et se révèle vite agréable malgré ses limites.
La graduation de la difficulté des quêtes est une pure aberration dans le sens ou 70% des quêtes du jeu seront classés « difficiles » ou « très difficile ». A ce moment, autant ne rien mettre. D’autant que cela ne diminuera pas avec du lvlup, remember, équilibrage.
D’ailleurs cet équilibrage est tellement absurde que les humains normaux sont aussi costaud que les zombies.
Il arrive encore une fois que les problèmes de collisions interviennent pendant les combats, notamment avec les coups de pieds.
Le type qui s’est occupé du respawn devrait être pendu. Lorsque vous mourrez, il n’est pas rare de spawner aux milieu d’une bande de zombies et de remourir presque instantanément. Frustration, encore.
Je suis sûr d’oublier des choses, bonnes ou mauvaises, mais tant pis.
Quand on voit la critique que j’en fais, on pourrait croire que je considère Dead Island comme un mauvais jeu, ce qui n’est pas le cas. Il m’a par contre déçu par son énorme potentiel gâché.
Ce jeu à pris la meilleure voie qui soit pour un jeu de zombie, une vrai simulation de survie où l’humain, et par extension le joueur, se sent comme une proie.
Mais ses nombreux aspects bâclés, les bonnes idées ratées, les incohérences à foison en font une déception.
Dead Island est ce genre de jeu au cul coincé entre deux chaise, qui veux proposer une expérience proche de la réalité mais qui ne cherche tout de même pas bien loin.
Créant des tas d’absurdités.
Je crois réellement au potentiel de Dead Island en multijoueurs, bien que l’absence de split screen soit un tort, et à la possibilité de créer soit même des objectifs et des histoires. En espérant un devkit pour la version PC, ce qui faciliterai les choses.
Dead Island est un grand bac à sable, il ne tient qu’aux joueurs d’exploiter cet univers et de lui donner une véritable richesse.
Finalement, avec son nombre élevé de ventes, ont peut imaginer que Dead Island se dote prochainement d’une suite, bien que sa fin ne s’y prête pas tellement.
Si tel est le cas, j’espère que Dead Island aura été un bon brouillon, permettant l’émergence d’un vrai jeu de survie à une apocalypse zombie.
En attendant, je ne peux que vous redirigez vers Project Zomboid qui, bien qu’encore en Alpha, est à mon avis ce qui se fait de mieux dans le domaine.